http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/03/pourquoi-les-marches-financiers-n-ont-ils-rien-vu-a-fukushima_1516204_3232.html
"3 - Le paradoxe du déni rationnel : je veux dire par là, le fait que
dans toute situation binaire - qui met en jeu sa survie ou simplement le
maintien de son emploi - l'investisseur rationnel a intérêt à ignorer
l'existence du scénario pessimiste. Pourquoi ?
Prenons l'exemple le plus
extrême: imaginons un investisseur, au plus fort de la crise des
missiles de Cuba en 1962. L'avenir se joue aux dés : soit demain, les
Etats-Unis, l'URSS, et une bonne partie du monde, sont détruits ; soit
tout revient à la normale.
Selon les modèles classiques, l'investisseur
devrait déterminer des scénarios (A : destruction, B : rien ne change),
leur attribuer des probabilités (mettons, A : 30 %, B : 70 %), en
déduire une espérance de valeur compte tenu de l'information disponible
(dans l'exemple, la valeur "moyenne" devrait baisser de 30 %), et donc
une ligne de conduite (vendre en catastrophe).
Or, un tel comportement
n'aurait rien de rationnel : si le monde est détruit, tous les
investisseurs sont perdants, si on peut dire, mais qu'importe ? Si le
monde est sauvé, l'investisseur qui n'a rien vendu est gagnant.
Conclusion : le comportement le plus "rationnel" est d'ignorer
l'existence des risques extrêmes.
Rationnel en tant qu'investisseur,
mais absurde si l'on demande au marché d'offrir une évaluation correcte
des risques. Le nucléaire est l'univers par excellence des probabilités
faibles et des risques infinis. Pas étonnant que le marché préfère ne
pas trop y penser."
Voici exprimé clairement ce que je pense depuis longtemps:
les risques sont ignorés car tout le monde sait qu'a long terme tout part en vrille.
La décision rationnelle est donc de se dire: étant donné que nous mourrons, mangeons et buvons!
les bulls vont s'amuser et mourrir
les bears vont avoir peur et mourrir.
Vu comme ça, le choix du camp à rejoindre est vite vu.
Voila pourquoi le monde est bull est restera bull.