Bonjour,
merci Eric, mais j'avais déjà récupéré les liens sur son site (et Zébucliqué également !).
J'ai refouillé les anciennes discussions et retrouvé l'essentiel des interventions d'Hemvé31 (qui n'étaient pas toutes sous forme de PDF).
Par contre, toujours pas de bulletin 14 du 27 mars.
Idrolix.
12 mars
http://www.cijoint.fr/cjlink.php?file=cj201103/cijBBRSsHc.pdf
L’explosion de Fukushima 1 / Quelques repères
On n’ignore pourquoi le cœur du réacteur n°1 n’a pas refroidi aussi rapidement que prévu, après la mise à l’arrêt automatique de la centrale vendredi. Même après l’arrêt du réacteur, la séparation isotopique continue, le cœur continu normalement à s’échauffer, sans refroidissement. Il semble que les circuits de secours n’ont pas fonctionné pendant 24h .On n’ignore les causes de l’explosion de samedi, en particulier, si le cœur du réacteur en métal est intact ou non.
3 alternatives :
- Les soupapes de sécurité ont relâché le trop de pression, en particulier l’hydrogène obtenu par décomposition de l’eau, dans les circuits de refroidissement. (Ce qui peut provoquer une explosion). Pas très grave. Quelques radiations à court terme mais, pourquoi quelques radiations ?.
- Soit le circuit de refroidissement a explosé. La question est : y a-t-il un moyen secondaire de refroidir le cœur encore actif, ou capable d’être mis en place rapidement ? Beaucoup plus grave ( cas de 3 mile island)
- Soit le cœur en acier n’est plus intact, ou il n’est plus refroidi Et la situation est particulièrement grave .La température dans ce cas, va monter jusqu’à la fusion du cœur….et créer un nouveau Tchernobyl
On est probablement entre l’alternative 1 et la 2.La vraie question et l’information à connaître est : quelle est la température actuelle du cœur du réacteur ? L’enceinte métallique est-elle intègre ?
Quelle dose acceptable ?
La dose zéro n’existe pas .C’est la valeur absolue mesurée qui compte et non des expressions style « 1000 fois la dose habituelle ». Tant qu’on parle en µ (micro) Gray (dose émise) ou µ micro Sievert (dose reçue) .Pas de quoi s’affoler . Un certain nombre de sites naturels (granitiques....) exposent leurs habitants à 3 µ Sievert /jour. Personne n’y trouve à redire. La plupart des gens reçoivent 6 µ Sievert /jour dans notre vie moderne. Les stations spatiales reçoivent 150 µGray/jour. Les cosmonautes y restent 6 mois et reçoivent 15 µ Sievert /jour .
Des doses en milli Sievert/jour, cela commencerait à devenir très sérieux. Il vaut mieux ne jamais dépasser 250 milli Sievert en cumulé,
NHK qui fait un effort exceptionnel sur l’information, en transmettant presque en direct l’explosion, parle de « 1 µ Sievert / heure », autour de la centrale .On est dans les limites de ce que les normes acceptent .Les doses létales sont 700 fois plus fortes que les doses acceptables
Correctif :
NHK parle de 1015 µ Sievert / heure .on est donc en milli sievert/heure . C’est donc très grave .
D’autre part Le Monde parle d’injection d’eau de mer et d’acide borique pour neutraliser les neutrons .ce qui signifie qu’il y a fuite de la cuve. Et on mélange le tout avec la mer !
On refroidit la cuve .mais elle fuit
NHK fait un boulot d’information remarquable .Les japonais démontrent un courage exceptionnel, dans la plus terrible épreuve vécue depuis la 2 ème guerre mondiale., qui mérite notre admiration. A part les US, peu de pays démontrent autant de transparence, dans l’épreuve . La France a beaucoup de leçons à prendre. Nos ministres feraient mieux de se taire, que de raconter des mensonges.
La chaine NHK en anglais , sur le câble fait preuve de pédagogie sur les problèmes nucléaires. On retrouve les données chiffrées sur le site http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/
Ce qui m’inquiète sur la suite des événements sont les problèmes de température du réacteur. Si de l’hydrogène se dégage, en quantité c’est que la température de l’eau a dépassé 1000°C dans les circuits de refroidissement
Si des vapeurs de césium se dégagent c’est que les barres de combustible en zirconium, contenant l’uranium ont fondu à 2000°C.
Le tout est dans la cuve du réacteur en acier très épais. Mais l’acier fond à 1500°C.
On peut supposer que les parois n’ont pas atteint de telles températures. Les parois sont conductrices, très épaisses, et refroidies (si le système de refroidissement fonctionne).
Mais on joue avec le feu
Introduire de l’eau de mer, additionnée d’acide borique, dans le réacteur signifie que plus aucun circuit de refroidissement ne fonctionne. L’eau de mer est forcément contaminée à la sortie du réacteur et pollue la mer, avec les produits radioactifs.
On est dans un mode « panique » de survie dangereux, d’autant que l’eau de mer entraine une corrosion forte.Les Japonais préfèrent polluer la mer, plutôt que leur sol et l’air à 300 km de Tokyo. Le choix est discutable .Les courants marins vont se charger d’étendre la pollution au monde entier .
L’issue du sauvetage est donc très incertaine
14 mars
http://www.cijoint.fr/cjlink.php?file=cj201103/cijpICemOo.pdf
Le 15 mars
Mardi 0h NHK annoncé :
Le réacteur 2 vient d’exploser cette nuit. Le personnel a été évacué cette fois, suite aux doses de radiations émises. Il semblerait que la cuve fuit. Ce qui veut dire que l’on ne peut plus mettre d’eau. Et qu’il ne reste plus qu’a à attendre la fusion
Le personnel de la centrale s’est excusé avec moult courbettes pour les ennuis créées au public, en direct sur NHK
Le personnel des réacteurs 1 & 3 a aussi été évacué
Mais on l’a en pleine gueule, avec les éléments radioactifs sur la France dans 10 jours
Dès vendredi 17H on avait une situation exacte de la situation : .Mme Clinton et Obama sont venus expliquer à CNN la défaillance des circuits de refroidissement. Depuis 3 jours, la communauté internationale (US, UK, France) n’a rien fait pour aider les japonais, pour résoudre le fonctionnement des circuits de refroidissement défaillants. On assiste en direct samedi matin à l’explosion du bâtiment 1, puis lundi du 3 , sans qu’on lève le petit doigt.
Au lieu de faire les plateaux de TV, avec des bavardages inutiles, qui ne sont pas de leurs fonctions, nos ministres français auraient mieux fait de porter secours aux japonais et de les aider techniquement à arrêter les centrales, que plus personne ne maitrise.
C’aurait été la meilleure démonstration de la soit-disante maitrise française du nucléaire, quelque soit la situation : Nos capacités de résoudre les défaillances de circuit de refroidissement, par la mise en place circuits auxiliaires de secours
Il est urgent que tous ces dirigeants incompétents partent .
Tout le monde oublie que Tchernobyl avec ses 600 000 irradiés a mis fin à l’Union soviétique
Le premier ministre japonais parle sur NHK, de niveau de radiation de 100 milli Sievert sur zone. Je suppose que c’est par heure, comme les précédents chiffres.
Les opérateurs ne peuvent plus rester que 10 minutes sur zone, maximum. On est rentré dans le schéma Tchernobyl, avec les « liquidateurs « qui doivent faire une tache précise en 10 minutes »
Et les vents du nord pousse le nuage sur Tokyo ( 35 millions d’habitants)
Le plus grand désastre de l’histoire nucléaire civile
Bonne nouvelle l’Europe a décidé de se réunir dans une semaine .
Bulletin du 16 mars
Le Japon relève le niveau de radiation maximum autorisé de 250 Sievert à 500 m Sievert. Là je ne suis pas d’accord. On ne change pas les règles prévues à froid pour gérer une crise, pendant la crise grave. Ces niveaux veulent dire qu’ils acceptent des niveaux de lésion grave, irréversibles. Tous les experts sont d’accord depuis 30 ans qu’il ne faut pas dépasser 250 en cumulé
Donc les japonais sont partis dans la logique des « liquidateurs » Des gens sacrifiés
De plus la centrale a évacué son personnel .Plus personne pour surveiller les réacteurs en temps réel .Les quantités d’eau jetés par hélicoptère sont à un niveau dérisoire par rapport à ce qu’il faut, pour refroidir un bloc haut de 10 étages
Les niveaux dans la centrale de 2 à 10 mSievert/heure sont tels que le personnel ne peut intervenir quelques minutes.
Le réacteur 2 continue à fuir. On est parti dans un scénario pourri avec des fuites qui vont continuer des semaines, et pourrir toute la région. Les gens qui ont quitté la zone ne reviendront pas .Tout l’hémisphère nord va voir son niveau de radiation augmenter, au gré des vents Faute d’avoir imposé son aide
On évitera peut être la fusion totale et l’explosion .Mais ce n’est même pas sûr
Bulletin du 17 mars
Le commissaire européen, chargé de l’énergie Oettinger a fait chuter les marchés boursiers mondiaux de 2% mercredi, en 5 minutes par ses déclarations pessimistes, sans nouvelle particulières ; ce qui montre la nervosité des marchés. On espère qu’il avait acheté des put auparavant !
Course contre la montre pour empêcher l’emballement Les réacteurs 3 & 4 n’ont plus d’électricité, donc plus de refroidissement depuis….au moins hier Deux hélicoptères essaient de refroidir le réacteur 3, le plus dangereux, car il contient du plutonium.
7t d’eau largué. C’est dérisoire. Un cube de 2m par 2m pour refroidir un bâtiment de 10 étages. Et il semble que l’eau est vaporisée, avant d’atteindre le sol !
Pendant ce temps la température dans le 4 monte. On attend l’arrivée de 11 camions à eau, utilisés dans les émeutes .Et on tire de nouveaux câbles électriques pour apporter l’électricité.
Globalement les 2 réacteurs ne semblent pas en forme sur les photos, plutôt style Tchernobyl
General Electric envoie 10 groupes à gaz pour produire de l’électricité su r zone (il est temps) .les autres pays regardent de loin .La Corée envoie tous ses stocks d’acide borique
Mais ni les US, ni UK, ni la France ne s’empressent de démontrer leur savoir faire pour aider les japonais à refroidir les réacteurs, bien qu’ils prétendent savoir le faire chez eux !
Le niveau de radiation à l’extérieur monte A Fukushima city (65 Km) il est de 340 micro Sievert / jour, soit 340 fois la normale .Les autorités se préparent à évacuer la totalité des résidents, à juste titre .Plus les 30 000 habitants qui s’y sont déjà refugiés
On reste optimiste sur l’issue du refroidissement